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Pirate, Mâle Croisé Sharpei

Pirate, Mâle Croisé Sharpei

Nous vous présentons, enfin, Pirate, Mâle Croisé Sharpei né le 01/06/2015, identifié, vacciné et castré... Une longue histoire, aussi anecdotique que le reflet de certains maux d'incompréhension et d'hypocrisie qui nous accablent depuis toutes ces années (...). Pour la décrire, nous commencerons par le début, qu'importent les conséquences supplémentaires finalement. Revenons à plusieurs années en arrière, un jour comme tous les autres où nous nous rendons au refuge, nous croisons dans la rue un chien malinois. Notre première pensée va au danger potentiel que peut représenter cet animal errant pour les enfants, les riverains, ou les automobilistes. Nous l'amadouons et parvenons à l'amener en sécurité au refuge. C'est une femelle, non identifiée. Ses grosses mamelles révèlent un nombre incalculable de portées. Son maître se manifeste en quelques heures. Nous lui expliquons l'obligation légale de l'identification, que nous n'inventons pas. Notre parti pris est de faire les choses bien, n'en déplaise à qui que ce soit. Voyant une certaine "détresse" humaine, nous décidons de ne faire payer uniquement que le prix coûtant de la puce électronique, à tarif associatif. Comprenant le bien fondé de l'identification, cette personne aura également le privilège de patienter avec un bon café dans le bureau, le temps que nous allions chez notre vétérinaire faire le nécessaire. Une époque où notre naïveté était encore accommodante. Pensant avoir fait "au mieux", nous serons plus tard convoqués et réprimandés, encore, car il n'aurait fallu ni la ramasser, habituée à "traîner", ni infliger le paiement à son propriétaire... Un an plus tard, c'est en petits morceaux qu'elle a été ramassée sur l'autoroute. Nous avons dû aller annoncer la terrible nouvelle à ce monsieur, peiné. Dans le jardin derrière lui, aboyait Pirate. Nous l'avions croisé à maintes reprises depuis chiot, suivant sa mère dans les rues, squelette ambulant, qui a grandi en faisant les poubelles, bien connu dans le quartier et plusieurs fois dénoncé. Une habitude ancrée qui a perduré après la mort de sa maman. Mais tout a basculé au décès de ce monsieur. Sauvage, Pirate s'est retrouvé dehors, seul au monde et livré entièrement à lui même. L’événement a ému certains voisins, qui ont tenté de se mobiliser, de l'approcher, de le nourrir, de le rassurer. Nous leur avons confié matériel et nourriture pour les y aider, dans l'espoir qu'il puisse nous être confié... Mais en vain. Deux années à vagabonder de plus en plus loin dans la commune, à renforcer sa méfiance et son caractère. Jusqu'au jour fatidique où il a mordu un enfant. C'est alors, à la plainte des parents, que sa capture a enfin été prise au sérieux. Grâce au stratagème de braves voisins, les pompiers sont parvenus à le "trapper". Cette ville n'ayant aucune convention de fourrière, elle nous a demandé de bien vouloir l'accueillir, ce que nous avons bien sûr accepté immédiatement (il aurait été abattu). Pirate est arrivé tel un lion, en cage. Mais il fallait vite le vacciner, afin d'éviter des poursuites pour la ville. Nous nous sommes exécutés, alors que les premiers contacts étaient très complexes... La promesse du remboursement n'a pas été tenue. Notre bienveillance pour Pirate nous a valu des heures, des jours, des mois, de patience, de douceur, de contacts sans forcer, pour réussir progressivement à s'approcher, le caresser, lui passer un simple collier, le stériliser, gagner sa "confiance" et son amitié. Le temps serait notre meilleur allié. Privilégié, il aura pris possession une année durant de la cour de la fourrière, une liberté relative offerte qu'il a su grandement apprécier, s'accrochant à ces nouveaux repères, heureux de ne plus manquer de rien, entre gamelles bien remplies, niche confortablement fournie, friandises à flot, et bisous baveux bien exclusifs. Vint enfin le cap de la laisse, une entrave effrayante et contrariante, difficilement envisageable pour lui. Puis, une avancée côté refuge, étape nouvelle et significative. Sa première sortie a été un choc, comme un cheval, il s'agissait d'un véritable débourrage d'étalon... Les suivantes ont été des révélations, il a surmonté ses appréhensions au fur et à mesure, littéralement pas à pas. Son "apprivoisement" n'est pas encore totalement acquis, mais ses progrès gigantesques ouvrent désormais l'espoir de toutes les possibilités. Sa sensibilité extrême, encore marquée, mais bien soignée, nécessiteront un grand sens de la compréhension, due entièrement à son histoire singulière. Tout changement sera encore un bouleversement, il lui faudra un cadre très sécurisé dans les premiers temps d'adaptation, puis de la patience et beaucoup d'amour pour que les liens se créent naturellement, et sans aucune contrainte. Il est important de préciser combien cet être sensible nous tient à cœur, combien sa détresse émotionnelle nous touche, et combien il mérite une vie digne de ce nom. Car Pirate est un chien exceptionnel, une fois les barrières passées, réceptif à tout geste tendre comme à chaque brise de vent qu'il hume avec poésie lors de ses sorties... Son amitié comme sa confiance sont un sacré cadeau qu'il nous fait, encore un peu perdu, c'est un honneur considéré de lui apporter sérénité et câlins. Il aime ça, et ses réserves fondent face à notre compassion envers lui. Pirate est prêt à aborder une nouvelle épreuve, cruciale, trouver la famille déterminée à faire son bonheur, avec indulgence et délicatesse. Nous éviterons les foyers avec enfants, et un comité restreint serait du meilleur effet. Il peut être testé avec les chats et les chiens, mais la simplicité de bons rapports humains seraient déjà la priorité. La relève est donc à prendre, et, aussi long que ce roman, son avenir promet maintenant le début d'une belle histoire. Espérons que de bonnes âmes s'inspirent à faire son bonheur, et que Pirate évolue encore et encore, vers de meilleurs cieux.

On nous rapporte beaucoup de critiques, de blâmes voire d'insultes, de ces mêmes personnes au pouvoir, on nous catalogue très négativement, mais nous accabler ainsi cache finalement des vérités que nous avons plutôt intérêt à taire... Nous continuerons à nous écraser, mais l'injustice nous côtoie suffisamment chaque jour; et loin d'attendre reconnaissance ou considération pour le mérite de notre oeuvre d'utilité publique (bénévole..), nous imposons le respect d'être toujours droit dans nos bottes, exposés et confrontés sans vergogne à tout venant. Les versions de chacun sont une question de point de vue mais tout jugement inquisiteur dépend toujours des intérêts personnels des uns ou des autres, selon les relationnels, désespérément conflictuels... Notre mission quotidienne au refuge pour les animaux "sans" compagnie (≠ de), est quant à elle tout simplement honorable à notre mesure, vu les moyens et les aides inexistants. Nous ignorer, nous évincer, nous rabaisser, nous salir, seraient ils finalement la meilleure défense pour certains? Tenaces pour notre bonne cause, nous continuerons à faire preuve de courage et d'abnégation pour ces victimes animales qui ont besoin de nous pour être sauvées et survivre, même si nous ne pouvons pas en assumer l'entière ampleur et que des limites sont évidentes, et ce, depuis 1983.