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Alphonse

Alphonse

Alphonse commence la vie qu'il méritait. Ce détritus d'humains a vu sa chance tourner comme jamais il n'aurait pu l'envisager, le jour où il a été jeté, et ramassé.
La maltraitance a de multiples aspects... Alphonse a été trouvé dans un état pitoyable, sur une route de forêt. Dans l'incapacité de se déplacer normalement, il a forcément été déposé. Car Alphonse ne touchait plus le sol depuis longtemps! Tout son corps comme ses pattes étaient enveloppés de bourres de poils, des nœuds compacts et compressés englobaient ses doigts et ses coussinets, l'handicapant totalement et l'empêchant de se mouvoir. Un mal-être si profond et douloureux qu'on ne pouvait pas le toucher, ses uniques sensations étant la souffrance. Dés son arrivée, il a immédiatement été amené chez le vétérinaire, lui-même choqué d'être témoin du pire cas de sa longue carrière; sous anesthésie et en deux jours, il a fallu le raser avec la plus grande prudence, aidé de bistouris et de lames chirurgicales. Son agressivité s'est apaisée au fur et à mesure de sa délivrance. Mais cette renaissance nécessitait une réadaptation; il a redécouvert l'usage de ses pattes et réappris à marcher, aveuglé, ses yeux ont dû se réadapter à la lumière, sa peau meurtrie et échauffée l'a démangé plusieurs jours, des spasmes harcelants le hantaient. Mais les soins et la convalescence en FA ont vaincu. Le contre-coup a été long mais nécessaire, sans quitter son panier, le repos du guerrier... Par empathie, se mettre à la place de ce petit corps emprisonné par sa propre fourrure souillée nous aura rendu malades quelques jours, un dégout profondément perturbant, pour cette pauvre victime, comme pour ses bourreaux. On pourrait émettre de nombreuses suppositions sur son passé, sans jamais savoir la vérité de toute façon, mais par expérience et démonstration, nous devinons qu'Alphonse a été un cadeau ou un caprice pour une personne alitée, un placébo aussi utile qu'inexistant, jusqu'à expiration. Il n'a qu'un an environ! Et n'a jamais vu ni vétérinaire, ni toiletteur. Une peluche de compagnie qui prenait la poussière. De sa naissance (trouvé non identifié) jusqu'au jour de son arrivée, il était une chose, et sa personnalité, passive mais sur la défensive, en était le reflet. Tout en se requinquant, Alphonse s'est éveillé, comme une renaissance. De surprise en découverte, chaque jour a ouvert son cœur, et son esprit! Il a consenti de lui même à maitriser ses mauvais reflexes, pour les oublier définitivement. Et la métamorphose est accomplie! Plein de reconnaissance et de considération, il est devenu plus qu'adorable, complice et câlin, osant exprimer son entrain et sa joie, fier d'apprendre et de s'accomplir. Les promenades sont le pays des merveilles, courir est si étonnant  Tant d'expériences nouvelles qu'il apprécie, et réalise aisément, ouvrent désormais la voie d'une vie de bonheur qu'il mérite au centuple. Voilà l'histoire d'un détritus bien recyclé ( à la charge d'une SAPA autonome face à une société de consommation parfois inconsciente). On prend, on jette! Nous ne changerons pas le monde. Mais quel que sera le contexte, son périple et son état ne sont pas acceptables. Heureusement Alphonse aura eu beaucoup de chance finalement, mais combien d'autres?